Quels placements favorisés en cas d’inflation ? 09-05-2021

L’épisode déflationniste de 2020 devrait laisser place au retour de l’inflation dans les mois et années qui viennent. Certains placements, comme l’or, l’immobilier locatif ou des actifs décorrélés vous protégeront de la hausse des prix. Les placements sur le marché des actions ou des obligations doivent être maniés avec prudence.

 

Qu’est-ce que l’inflation?

Le taux d’inflation correspond à la hausse généralisée et durable des prix à la consommation. Un individu A ayant un salaire mensuel de 2 000 € fixe verra son pouvoir d’achat baisser en cas d’inflation. La déflation est le phénomène inverse : la baisse généralisée et durable des prix à la consommation.

Protéger son épargne de l’inflation

La crise liée à la Covid-19 a provoqué une période de déflation qui perturbe les investisseurs habitués à la hausse constante des prix. Pourtant, le retour à l’inflation devrait suivre à moyen terme. Il convient de combiner les meilleurs placements proposés pour vous assurer que votre épargne ne sera pas “grignotée” d’année en année.

L’or, la valeur reine anti-inflation

Acheter de l’or-papier ou de l’or-physique assure la sécurisation d’une partie de son épargne. Après une hausse spectaculaire jusqu’à plus de 2.000 dollars l’once d’or en juillet 2020, le métal jaune a connu une baisse en novembre 2020. Les analystes penchent pourtant pour le maintien de la tendance à la hausse dans les prochaines années.

Réputé meilleur rempart contre l’inflation, il évolue de manière contre-cyclique. Son cours augmente lorsque les marchés boursiers baissent. C’est un investissement particulièrement intéressant pour modérer la baisse, quand elle intervient, du rendement des obligations par la diminution de leurs taux d’intérêt.

Il évolue ainsi à l’inverse des taux d’intérêt réels (taux d’intérêt moins l’inflation): plus l’inflation est forte, plus les taux d’intérêt des banques centrales sont faibles, et plus le cours de l’or est élevé. Les politiques monétaires semblent rester pour quelques années encore dans une logique de “planche à billets” sous la forme du quantitative easing ou “assouplissement quantitatif” qui consiste à racheter des actifs des banques pour favoriser les crédits. Une éventuelle ruée opportuniste vers l’or n’en fera que doper la valeur.

Lors de la revente, les plus-values sont imposées à 11% ainsi qu’à 17,2% au titre des prélèvements sociaux. Un abattement de 5% de cette taxe par an à partir de la troisième année de détention permet l’exonération totale au bout de 22 ans. Les crises économiques revenant de manière cyclique, on peut penser qu’un ou deux krachs boursiers peuvent apparaître dans ces périodes et, du même coup, détériorer d’autres placements sensibles aux catastrophes financières. Cet abattement protège donc d’autant plus votre épargne investie dans l’or.

L’immobilier locatif, un placement indexé sur l’inflation

Une autre manière de préserver son capital des mouvements inflationnistes est d’investir dans l’immobilier. Les solutions locatives comportent des conventionnements de loyers sur l’inflation, et notamment sur l’Indice de Référence des Loyers (IRL) pour les dispositifs Pinel ou Loueur Meublé Non-Professionnel (LMNP). Par conséquent, en cas de hausse des prix, les bailleurs peuvent relever les loyers en proportion.

Les prix de l’immobilier eux-mêmes pourront baisser durant les mois de crise à venir, offrant des opportunités d’achats inespérées. Ces corrections ne devraient être que temporaires et la hausse régulière des prix devrait reprendre, valorisant donc un investissement effectué au bon moment. La reprise probable de l’inflation en fait donc un placement avec de très bons rendements pour les années futures.

La solution la plus simple est de passer par l’achat de parts de Société Civile de Placement Immobilier (SCPI), en acquérant des titres de patrimoine immobilier liés aux entreprises. Vigilance et prudence sont de mise, car le risque de défaut des sociétés est réel pendant la crise et la valeur des parts peut baisser.

 

Investir en actions ou accepter plus de risque

Dégager des rendements en lien avec une prise de risque plus grande fait du marché des actions un terrain privilégié. Toutefois, cela s’adresse aux investisseurs aguerris capables de lire les potentialités des entreprises à leur juste mesure, pour ne pas perdre son investissement en quelques heures. Le plus sûr est de passer par des fonds en actions qui vous assureront un bon niveau de dividendes et de rendement au moment des achats/ventes de titres.

Les obligations sont à proscrire. Les Obligations Assimilables du Trésor (OAT), par exemple, sont les titres les plus sûrs pour sécuriser votre épargne, car le risque de défaut d’un État est quasiment nul. L’État français est réputé en la matière, mais ses taux d’intérêt étant fixes, l’investissement sera dégradé d’année en année.

Des Obligations Indexées à l’Inflation (OII) fonctionnent différemment des OAT. En cas d’inflation, la valeur d’origine (au moment de l’achat du coupon) est conservée et ne dépend que des taux réels.

Le vin et les objets d’arts, à réserver aux connaisseurs

Certains placements plaisir peuvent se muer en rempart contre l’inflation. Les bonnes bouteilles de vin ou les objets d’art de valeur verront leur prix exploser avec les années. Mais vous devez disposer du flair nécessaire lors de leur sélection.

Les forêts, des placements qui ne connaissent pas la crise

D’autres actifs davantage liés à l’économie réelle sont dits “décorrélés”. Les soubresauts économiques ne les affectent pas. Des secteurs prometteurs comme le bois, par exemple, méritent qu’on s’y intéresse. La solution réside dans le fait de passer par l’achat de parts de Groupements Forestiers d’Investissement (GFI).

L’investissement débute à 5.000 euros en cas de rachat de parts, et à 150.000 euros dans le cadre de la création d’un GFI. Une réduction d’impôt sur le revenu de 18% (25% jusqu’au 31 décembre 2020), couplée à des objectifs de rendements annuels moyens à 2%, apporte un peu de nature à votre capital tout en vous protégeant de l’inflation.

Point économique :

” Il ne faut pas confondre une inflation micro avec une inflation macro. Si l’on observe des poches d’inflation des prix et parfois même des salaires pour certaines entreprises, il n’y a pas de pressions inflationnistes globales.

Il ne faut pas confondre la hausse des coûts de production en lien avec l’augmentation du prix des matières premières ou du transport de fret avec une inflation de second tour. Sans augmentation des salaires, la demande est contrainte par l’augmentation des prix de vente finaux d’où l’absence de pricing power des entreprises.

Il ne faut pas confondre un retour des taux d’intérêt européens à leur niveau d’avant crise avec une tendance haussière des taux. Les taux souverains à 10 ans ont augmenté d’une épaisseur de trait, de 50 à 70 points de base en raison de leur faiblesse excessive, par volonté de préservation du capital en période de fortes incertitudes avec la crise sanitaire. Une augmentation prolongée des taux d’intérêt ferait chuter la consommation et l’investissement, tuant la reprise économique dans l’œuf.

Il ne faut pas confondre un rebond économique post crise avec un retour structurel de la croissance. Les économies ne retrouveront pas leur niveau de 2019 avant 2022 ou 2023 et le potentiel de croissance à moyen-long terme n’a pas changé.”