COVID-19 : Impacts économiques – Episode 2 12-04-2020

Dans ces circonstances inédites, le questionnement et l’observation semblent largement préférables à la prévision.

« En temps normal, on ne sait déjà pas prédire ce qui arrive en économie, alors en ce moment, bonne chance… ». Ces mots sont d’Esther Duflo, prix Nobel d’économie 2019.

A l’heure actuelle, nous en sommes au troisième scenario en six semaines. Fin Février, nous avions un ralentissement économique mondial, mi-mars une récession modeste et fin mars un effondrement économique global suivi d’une reprise au second semestre.

Nombreuses sont les questions : Combien de temps va durer le confinement pays par pays ? Comment se fera pratiquement la sortie du confinement et la remise au travail des populations ? Quelles sont les mesures sanitaires ensuite et jusqu’à quand ?

La confiance des populations et donc l’envie de dépenser reviendront-elles rapidement ?

Les marchés financiers n’ont peut-être pas fini leur baisse.

Le déroulement d’une crise boursière est assez invariable car elle est portée par des phases psychologiques des investisseurs qui s’enchainent :

  • Dislocation (phase de surprise)
  • Agitation (phase d’interrogation)
  • Reprise

Nous sommes actuellement dans une phase d’agitation, les indices boursiers devraient retester les points bas dans les semaines ou mois à venir. Mais iront-ils encore plus bas ?

Ce n’est pas à exclure. Penser que nous ne verrons pas de point plus bas sur les indices boursiers, c’est penser que le pire est déjà intégré par les marchés financiers, que le consensus est suffisamment dégradé et que nous ne pouvons plus être surpris négativement. Or, l’incertitude ne porte plus sur l’ampleur de la récession mais sur la trajectoire de la reprise.

La reprise en Chine esquisse les réponses à nos interrogations

Les autorités le martèlent en boucle sur les ondes chinoises « le virus est terrassé, la vie doit reprendre son cours. Sortez, profitez et consommez ».

L’enjeu principal, après la remise au travail de la population, est de faire repartir la consommation. La population reste physiquement et psychologiquement affectée.

Parce que la Chine est sortie de la phase de confinement avec environ deux mois d’avance sur nous, il est intéressant d’y observer la reprise de l’activité.  Pour l’instant, le rythme de la reprise reste assez modeste.

 

De l’autre côté de l’atlantique, on retiendra surtout l’envolée spectaculaire des inscriptions au chômage. En l’espace de deux semaines, près de 10 millions de personnes se sont inscrites, soit l’équivalent du total des inscriptions en un an pendant la grande crise des subprimes.

 

Du point de vue sanitaire, l’europe continentale montre quelques signaux fragiles mais encourageants avec une diminution des nouvelles infections en Italie et un ralentissement des nouvelles admissions en réanimation en France et en Espagne. En revanche, la pandémie progresse fortement aux USA,en Angleterre et dans de nombreux pays émergents.