COVID-19 : Impacts économiques – Episode 1 02-04-2020

Alors que le monde traverse une crise d’une nature inédite et dont l’une des caractéristiques est l’évolution rapide de l’information, il me parait utile de vous partager chaque semaine la vision des économistes et analystes.

 

Environnement économique :

 

La BCE a annoncé un gigantesque programme d’achat d’obligations, pour plus de 1.000 milliards d’euros sur 2020. Fait nouveau, la dette grecque sera cette fois ci incluse dans le programme de rachats. La FED a quant à elle annoncé un quantitative easing illimité sur les obligations d’entreprises.

 

Du coté des banques centrales comme des états, tous les leviers sont activés pour arracher l’économie à la dépression qui vient. On ne l’évitera pour autant mais ses dommages seront moindres.

 

A court terme, les analystes demeurent convaincus qu’il sera difficile d’envisager un quelconque rebond durable des marchés sans amélioration sur le front de la pandémie. Ceci pourrait prendre encore plusieurs semaines, avec des situations variables d’un pays à l’autre. Par ailleurs, la dépression qui se profile provoquera nécessairement des effets de second tour qui contribuerons à maintenir une volatilité importante sur les marchés.

 

Si la récession est certaine en 2020, son ampleur reste encore indéterminée. Les stratégistes anticipent des baisses de résultats entre 20 et 30%. Ces données coïncident au repli généralement observé lors de périodes de récession et se traduisent habituellement par des baisses équivalentes au sein des marchés d’actions. La question centrale porte désormais sur l’efficacité des mesures mises en œuvre pour permettre un rebond significatif de la croissance et des résultats pour l’année 2021.

 

A quand le rebond du marché ?

 

Au 24/03, l’indice du CAC 40 DR affiche une baisse de -35% depuis le début de l’année. Il convient de rappeler que les rebonds de marchés qui ont suivi les fortes corrections passées ont commencé plus d’un an avant le rebond matérialisé des résultats.

C’est pourquoi, certains analystes pensent que les investisseurs qui souhaitent attendre d’avoir plus de visibilité avant de se repositionner sur les marchés pourraient vraisemblablement se priver du potentiel de rebond. 

A noter que trois conditions doivent être réunies pour observer un rebond :

 

  1. Des banques centrales à la rescousse ;
  2. Des relances budgétaires pour soutenir l’économie ;
  3. Des avancées sur le traitement ou la prévention de la maladie.

 

A ce jour, deux des trois conditions nécessaires sont réunies.

 

Ce qui semble assez évident, c’est que l’on peut oublier les 6.100 points. Même si le chiffre d’affaires des entreprises se rétablit, les périodes de chômage partiel voire d’arrêt d’activité impacteront mécaniquement leurs marges.

 

Marchés immobiliers : analyse

 

Une situation inédite. Outre le drame sanitaire et humain, qu’elle représente, les économistes interprètent cette crise comme un choc exogène brutal mais temporaire, qui pèse sur les trésoreries et les résultats d’exploitation des entreprises mais pas encore de leurs capacités. La durée du confinement conditionne une reprise en « U » (rattrapage de la production, de la consommation et de l’investissement) ou « en L » (récession durable, croissance plombée par le déficit budgétaire et l’explosion de la dette).

 

Un choc asymétriques sur les revenus immobiliers

 

Un arrêt des transactions, mais pas de crise de liquidité. Au vu du caractère vital de l’enjeu que la crise économique ne se transforme pas en crise financière, nous pensons que les taux directeurs, et donc les taux des obligations souveraines « sans risque », resteront durablement bas. Les Banques Centrales ont réaffirmé leur engagement à maintenir la liquidité du système financier. Il n’a pas été constaté de flux sortants importants sur les fonds immobiliers, ni de mouvements de retrait d’argent massifs par la population,, comme cela avait été le cas en septembre 2008. Il semble donc que le marché s’en tienne aujourd’hui à l’hypothèse d’une crise circonscrite dans le temps.

 

SCPI :

 

Le 16 Mars, le Président de la République a appelé les bailleurs à être solidaires des petites entreprises en difficulté. Les sociétés de SCPI sont dans l’attente de précisions de la part du gouvernement sur l’application du mécanisme de suspensions des loyers. 

Ces mesures envisagent un lissage ou un report de loyer, et non une annulation.

Les SCPI gérées par SOFIDY, CORUM ou PAREF disposent de trésorerie et de réserves.

 

A ce jour, il est impossible de chiffrer l’impact de la crise sur le rendement des SCPI. Tout dépendra de sa durée et de la capacité des locataires à prendre une activité normale leur permettant de payer les loyers qui auront été suspendus ou étalés. Le bilan ne pourra donc être réalisé qu’en fin d’année.

 

En première approche :

  • Les actifs loués, les taux d’occupation ne devraient pas varier dans l’immédiat
  • L’impact sur le recouvrement des loyers devra être surveillé sur le 2ème et 3ème trimestre.

 

 CONCLUSION

·         Une année en Bourse qui sera placée sous le signe de la volatilité qui avait disparu en 2019.

·         Les SCPI ne sont pas des instruments spéculatifs. Ce sont des produits de rendement avec la perspective d’une valorisation à la sortie bien supérieure à la valeur d’achat.

·         Il ne faut pas craindre de décrochages brusques de valeur des SCPI. Les experts observent une forme de lissage au regard du prix d’achat des investissements réalisés. A cet égard, si deux mois de loyers devaient être recouvrés ultérieurement, cela ne ferait pas chuter la valeur des actifs.

·         L’immobilier en direct Toulousain sera peut-être légèrement corrigé. Pour cela, attendons de voir la reprise.

A FAIRE 

·         Restons calmes, ne paniquons pas ! Nous sommes actuellement au cœur de la crise, mais, bientôt cette épidémie sera derrière nous. Les actifs immobiliers retrouveront alors pleinement toute leur utilité économique.

·         Ceux qui le souhaitent peuvent progressivement augmenter leur exposition en unités de compte pour bénéficier d’un éventuel rebond. Je vous conseille de le faire progressivement.

·         Pour les autres, il faut être patient, dans la vie, tout est une histoire de cycle : la bourse, l’économie,la vie.